Les new-yorkais de Unearthly Trance ont choisi, pour leur retour après une finalement courte absence, de te mettre à l’aise d’entrée via une pochette classiquement doom aux couleurs éhontément sabbathiennes. Docile, tu rappliques bien volontiers.

De retour il est bien question, car Unearthly Trance ressort d’une longue pause dont l’objectif était tout simplement de recharger les batteries – et de se consacrer aux side-projects black (The Howling Wind) / doom (Serpentine Path, on ne se refait pas) / rock de chacun. Crois-le ou non, mais le burn out, c’est pas que pour les bureauniers ; même les métalleux américains y sont exposés. Bonne nouvelle en tout cas que ce retour d’un groupe frais et dispo, car Stalking The Ghost est excellent et assurera à l’auditeur d’entamer le printemps avec une excellente proposition de mise en musique du dégoût de soi et de la haine des autres.

Pour faire simple, cet album semble se positionner stylistiquement exactement entre Crowbar et Neurosis. Tantôt post-métal bien désespéré, tantôt doom-sludge bien bileux. On retrouve ainsi d’un côté la science de l’accalmie anxiogène et du larsen menaçant que savent si bien manier les post-métalleux de San Francisco, avec ces intros qui n’annoncent rien de bon (Dream State Arsenal) et ces interludes mélodiques lents et inattendus (Lion Strength, Into The Spiral, Famine). Hurlés d’une voix d’ours triste, avec les doigts rippants sur les cordes , ce sont ces variations remarquablement composées et bien amenées qui donnent toute leur personnalité à cette musique qui peut par ailleurs sonner si générique lorsqu’elle est composée par des copieurs mal inspirés ou de simples faiseurs davantage concernés par la technique que par la singularité du résultat.

De l’autre côté, on retrouve du NOLA sound une lourdeur accablante et un sens du riff croche-pied épatant, comme un blues sabbathien bien malsain copieusement lesté de quelques kilotonnes de boues de décibels, et enrichi d’une sévère envie de nuire.

Le disque est ainsi une alternance d’éloges de la pesante lenteur, et de quelques accélérations pas bien véloces mais ultra puissantes. Franchement, as-tu besoin d’en savoir plus ? Pas sûr, hein. Aie confiance, et écoute-moi ça là, juste en-dessous.