Le 2 février dernier est sorti le premier album de Vox Low. Ils ont pris leur temps : je les ai connu avec le curieux « I Wanna See A Light », sorti il y a au moins trois ans, une belle tuerie coincée quelque part entre une techno bien trempée façon Arnaud Rebotini et un post-punk bien sombre. La filiation avec Rebotini peut être encore plus filée, d’ailleurs, puisque les bonhommes ont été adoubés (et remixés) par Ivan Smagghe. Finalement, une signature chez Born Bad Records plus tard, les messieurs sortent en 2018 leur premier album self-titled. Et je voulais en parler, parce que quand ce machin est sorti, ça a été ma première branlée de l’année.

 

 

On en retire quoi? Et bien une belle série de morceaux. 9 douceurs rythmées et prenantes, même aliénantes parfois. Moins de trois quarts d’heure de diableries qui évoquent New Order et Joy Division ou même The Fall d’un côté, pour la production qui met en avant les basses et les synthés bien baveux, Zombie Zombie de l’autre côté pour ce goût pour la répétition et les ambiances stroboscopiques. Du côté de l’ambiance, justement, il y a dans ce premier album quelque chose de très cinématographique (« Something Is Wrong », morceau déjà connu, en tête), un climat à la fois tendu et langoureux, sans jamais donner dans la facilité ou le mauvais goût. En témoigne la pochette, cité idéale et dystopique.

En général, rien à dire, c’est du propre, bien que l’album devienne peut-être un tout petit peu moins excitant dans sa seconde partie, jusqu’à un « Rejuvenation » décadent. Surtout, l’album s’étend sur un large panel d’influences et s’en branle plus ou moins des genres : de tracks discoïdes en ballades rock quasiment gothiques (« We Can’t Be Blamed ») en passant par une techno sans foutaises, les hymnes fiévreux s’enchaînent, et le disque est d’une facilité d’écoute qui force le respect. Et pourtant, il y a peu de concessions dans ce beau bordel.

 

 

Pardonne-moi, c’est court et décousu; mais, d’une part, cette chronique a été écrite par un mec alité, et d’autre part, je te le dis souvent, il y a des albums qui ne peuvent être racontés, et ne peuvent être que décrits.