Autechre? Fantastique. L’éthiojazz? Quelle révélation! Les Swans? Quelle tension, quel sens de la répétition!

Aha, mon cul, ouais.

Je sais bien que tu te bernes de ces illusions, maintenant que tu as passé la trentaine, et que tu as sur le dos un crédit pour un appartement loi Pinel en petite couronne. Pourtant, tu le sais bien : tu n’es qu’un bourrin, qui attends le premier disque de bourrin venu pour regagner les tiens et renverser des bières sur tes semblables dans une fosse puante, ivre et à demi-sourd.

C’est ce que te propose Whores., avec son noise-rock panzer débarrassé de toute subtilité mais muni de deux choses essentielles :
– une foi inébranlable dans la puissance du riff,
– et une envie de gueuler sans aucune forme de retenue.

Injecte là-dedans un grosse dose de talent et des pratiques issues des 90’s (rythmiques syncopées, drop D et dissonances – un jour peut-être, on reconnaîtra à Helmet tout ce qui revient à Helmet), et tu obtiens un album d’une efficacité sensationnelle. Tellement efficace même qu’on peut se demander si l’irrépressible envie de défoncer des genoux à la masse que produit ce disque ne va pas rapidement s’estomper, mais après quelques mois d’écoute il semblerait qu’un rythme raisonnable de répétition ne porte pas préjudice aux pouvoirs magiques de ces 10 compositions, qui semblent filer sur les mêmes rails d’or que celles de feu-Houston Swing Engine (oui, c’est bien un lien MySpace, en 2017 – clique dessus au moins par voyeurisme).

La sanction, logique, s’abat alors sur tes épaules : laisse ces salopes. te couvrir d’or.