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Il est vrai que l’on aurait pu évoquer le cas de Zozobra lors de notre focus sur le catalogue du défunt label Hydra Head. Pour nous donner une fausse excuse, il est vrai que le trio porté par Caleb Scofield (Cave In, Old Man Gloom) n’avait pas fait parlé de lui depuis cinq ans et que son sludge n’était pas des plus originaux malgré un certain talent d’écriture. Bref, c’est quand même de nulle part que sort ce Savage Masters, EP hébergé par les petits jeunes aux dents longues et aux oreilles aiguisées de Brutal Panda qui nous avaient déjà fait découvrir les bien bons Kowloon Walled City l’année dernière et ont lancé les débuts des excellents Fight Amp.

Changement (obligatoire) de label donc, et par la même occasion changement d’optique pour le trio qui se compose ici en plus de Scofield d’Aaron McGrath et de J.R. Conners, tous les deux également membres de Cave In. Leurs nouvelles résolutions ? Augmenter le tempo et lâcher les chevaux ! A l’auditeur d’oublier donc les mid-tempi afin de pouvoir accueillir comme il se doit d’agressives embardées qui rappellent plus, toutes proportions gardées, le death-grind de Rotten Sound et le death’n roll de Black Breath que les deux premiers albums du groupe.

Au départ décontenancé et un peu déçu de ne pas retrouver nos points d’accroches habituels avec la musique des américains, on se retrouve assez vite charmé par cet ensemble de tubes conçus sans prise de têtes mais dotés de structures léchées. Le son assez énorme de l’omniscient Andrew Schneider (entre autres producteur d’Unsane) y est à coup sûr pour quelque chose, et l’on notera amusé qu’il nous fait penser aux productions de Kurt Balou et surtout au son de Converge sur ses deux derniers méfaits. On sait que tous ces gens boivent aisément des bières ensemble, ceci pourrait expliquer cela.

On aurait pu rester un peu sur notre faim si l’assaut final, et sixième titre du disque, n’était pas une petite pépite d’efficacité. En effet, ce Born In A Blaze complètement rock’n roll qui respire la rage et l’instantanéité à plein nez est une espèce de tube de stade inattaquable. Ses refrains imposants et lourds contrastant avec des couplets bordéliques donnent juste envie de remettre le vynile au début, ne serait-ce que pour voir débouler de nulle part cette ultime bombe, salvatrice.

En bon side-project qui se respecte, Zozobra n’atteindra jamais la reconnaissance d’un Cave-in ou d’un Old Man Gloom, et n’en a en aucun cas la prétention. En bonne cour de récré pour ces bientôt papys de la scène hardcore, le groupe reste des plus rafraîchissants pour l’amateur, surtout si la machine continue de varier les plaisirs de cette façon. Du coup, et pour le plaisir, on est plus qu’impatient de voir une suite à cet agréable Savage Masters qui, pour la peine, nous accompagnera gaiement au bord de la plage (ou autre).

Artiste : Zozobra
Release : Savage Masters
Date de Sortie : 02/04/2013
Label : Brutal Panda
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